L’Administration fédérale des douanes a-t-elle perdu confiance en ses collaborateurs?

Le Conseiller national Jean-Luc Addor, président de PROTELL, a déposé la question suivante, intitulée « Port de l’arme de service en dehors du temps de travail : l’Administration fédérale des douanes a-t-elle perdu confiance en ses collaborateurs ? » :

Depuis mai 2021, les personnels de l’AFD se sont vu retirer, sauf pour se rendre au travail ou à des séances privées d’entraînement au tir, un droit historique des gardes-frontière : porter leur arme de service personnelle en dehors du service.

– Cette révision de l’ordre de service est-elle liée à l’intégration, voulue par le projet DaziT, de personnels ne disposant pas de la formation des gardes-frontière ?

– Ne révèle-t-elle pas un manque de confiance à l’égard de ces derniers ?

Voici la réponse que le Conseil fédéral a donnée à l’heure des questions du Conseil national :

« Il est vrai que l’ordre de service correspondant a été adapté de manière à ce que le port de l’arme de service ne soit plus prévu en dehors des heures de travail. Une exception subsiste pour les trajets entre le domicile et le travail et pour se rendre aux entraînements de tir. Le risque de ne pas être reconnu comme membre de l’Administration fédérale des douanes lors d’un engagement, mais comme « adversaire », est considéré comme plus grand que la chance de pouvoir ainsi éviter un délit. C’est particulièrement vrai dans les cantons étrangers (sic) ou dans les cantons où le port de l’arme de service, même pour les policiers, n’est pas autorisé en dehors des heures de travail. L’adaptation de l’ordre de service n’est pas l’expression d’un manque de confiance. »

Comme nombre des personnels concernés de l’AFD, à commencer par ceux d’entre eux qui bénéficient d’une formation complète de gardes-frontière, PROTELL déplore cette mesure qu’ils ont raison d’interpréter comme un manque de confiance. Dans le même sens que notre engagement pour faciliter l’octroi d’un permis de port d’armes pour les armuriers, PROTELL s’engagera pour faire reconnaître les porteurs d’armes professionnels, personnels de l’AFD ou policiers, non pas comme risques pour la sécurité publique, mais au contraire, même en dehors du service, comme autant de facteurs de sécurité.

(Photo : DDPS – S. Guntern)