Après Aarau : garder la tête froide plutôt qu’instrumentaliser politiquement

Après l’attaque au couteau de Winterthour, des voix à gauche avaient expressément mis en garde contre une instrumentalisation politique de l’acte. Elles avaient également appelé à ne pas « remettre en cause des principes fondamentaux » en raison de cas isolés. Le même principe doit s’appliquer après le drame d’Aarau, d’autant plus que le droit en vigueur permet déjà de retirer les armes en cas de danger concret.

Communiqué de presse du 3 septembre 2026

PROTELL exprime sa profonde tristesse après la l’attaque d’Aarau. Nos pensées vont aux victimes, à leurs proches et à toutes les personnes concernées. Nous remercions également les services d’intervention, qui ont agi rapidement et avec professionnalisme après les faits.

Il est d’autant plus important de faire toute la lumière sur un acte aussi exceptionnel avant de formuler des revendications politiques de grande portée. Pourtant, quelques jours seulement après le drame d’Aarau, des durcissements de la législation sur les armes sont déjà réclamés. La conseillère aux États socialiste Franziska Roth demande même que des armes semi-automatiques acquises légalement par le passé soient désormais retirées à leurs propriétaires. PROTELL met en garde contre des durcissements précipités de la législation tant que des questions essentielles concernant l’auteur présumé et les circonstances de l’acte restent sans réponse.

La comparaison avec l’attaque au couteau de Winterthour, il y a quelques mois à peine, est révélatrice. À l’époque, le PS, les Verts et la gauche alternative avaient expressément mis en garde contre une instrumentalisation politique de l’acte. La députée socialiste au Grand Conseil zurichois Mandy Abou Shoak avait déclaré à la SRF qu’il fallait être prudent avant de « remettre en cause des principes fondamentaux en raison de cas isolés […] ».

PROTELL partage ce principe. Mais il doit s’appliquer indépendamment du moyen utilisé pour commettre l’acte.

Après le drame de Winterthour, le débat politique s’était concentré sur l’auteur présumé, la prévention et la circulation des informations entre les services compétents. Dans leur déclaration commune, le PS, les Verts et la gauche alternative n’avaient pas demandé de durcissement de la législation sur les couteaux, mais une enquête complète, davantage de prévention et un accès facilité au soutien psychologique.

Après le drame d’Aarau aussi, il faut donc d’abord déterminer si des signaux d’alerte existaient, de quelles informations disposaient les autorités et si les possibilités offertes par le droit en vigueur ont été pleinement utilisées.

Car la loi sur les armes permet déjà d’intervenir en présence de signes concrets de mise en danger. Lorsqu’il y a lieu de craindre qu’une personne utilise une arme d’une manière dangereuse pour elle-même ou pour autrui, l’autorité compétente met ses armes et ses munitions sous séquestre. Une décision judiciaire préalable n’est pas nécessaire. Cet instrument est utilisé en pratique.

Avant que le législateur n’impose de nouvelles interdictions et obligations à des centaines de milliers de détenteurs d’armes respectueux de la loi – voire ne leur retire des armes acquises légalement –, une question doit trouver une réponse : quelle nouvelle disposition concrète aurait effectivement permis d’empêcher lattaque d’Aarau ?

Si l’enquête devait révéler l’existence de signaux d’alerte, il faudra examiner si la circulation des informations a fonctionné et si les instruments existants ont été utilisés à temps.

Un acte exceptionnel et tragique exige une enquête complète et un débat factuel. Il ne justifie pas de placer collectivement sous suspicion des détenteurs d’armes respectueux de la loi.

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